Céramiques imprimées en 3D d’Olivier van Herpt

Dirk van den Heuvel

Points clés

  • Notre vision de l’artisanat est souvent incomplète, voire erronée.
  • L’artisanat est une maîtrise technique permettant de réaliser quelque chose qui soit à la fois utile et unique.
  • L’artisanat est moderne, quelle que soit l’époque – qu’il s’agisse d’objets réalisés à la main ou à l’aide de machines.
  • En quoi consiste l’artisanat ? Bien que la culture soit en constante évolution, nous croyons à un ensemble de caractéristiques immuables qui sont présentes dans chaque exemple extraordinaire d’artisanat.


Imaginez deux tasses. 

Les deux résultent d’une conception réfléchie et d’une fabrication habile : l’une par des mains expertes, et l’autre par le biais de machines modernes. Elles sont agréables à regarder et invitent au toucher. Elles recèlent toutes deux les mystères d’une vision créative, tout en étant immédiatement familières dans ce qu’elles nous offrent — en matière de taille et de fonction, elles semblent identiques. 

Ces deux conceptions représentent la maîtrise moderne de leur époque. 

Laquelle est issue de l’artisanat ?

L’artisanat

Un processus nécessitant des compétences approfondies et une maîtrise technique, en vue de réaliser quelque chose qui soit à la fois utile et unique

L’artisanat est un concept incroyablement variable, qui revêt plusieurs dimensions. Il est rare d’utiliser un seul terme pour désigner autant de choses : c’est le cas en anglais de son équivalent « craft » qui est à la fois un verbe, un nom et un adjectif. Nous fabriquons un objet. Nous reconnaissons les produits par leur type spécifique d’artisanat ; nous apprécions le savoir-faire qu’ils renferment et le souci du détail dans leur fabrication. L’artisanat renvoie à une idée de qualité, de mérite, de caractère, de formation et d’histoire. C’est la réponse durable des hommes afin de créer la meilleure version possible des objets dont nous avons besoin ou que nous souhaitons, de la façon la plus réfléchie et souvent la plus innovante possible.

Dans le monde créé par l’homme, l’artisanat et la créativité sont les moyens que nous utilisons pour nous aider à améliorer les choses — en apportant constamment des modifications, et en cherchant sans cesse à améliorer une forme grâce à de nouveaux outils ou matériaux, afin de parvenir à de meilleurs résultats. Une tasse n’est qu’une simple tasse sans cette signature essentielle. Lorsqu’il n’y en a pas, nous avons le sentiment qu’il manque quelque chose.

L’artisanat était historiquement l’équivalent du fait main, et il l’est encore bien souvent. Parfois, en utilisant des termes de puristes, nous parlons de « la main » du produit ou du créateur. Dans le langage courant, cela sert à désigner un matériau naturel ou un savoir-faire, utilisé à la perfection par un artisan talentueux. De nombreux modes de conception et d’architecture sont des disciplines de l’artisanat : de l’industrie textile au travail du bois, de la poterie à l’ébénisterie, de la mode à la fabrication de meubles. On les appelle également les « arts appliqués », car ils renferment beaucoup de techniques fondamentales, au même titre que le terme « artisan » renvoie à la notion d’art.

De nos jours, ce savoir-faire s’est propagé parmi toutes les formes d’applications nouvelles et anciennes ; il a fusionné avec l’artiste-créateur, à savoir une personne qui réalise quelque chose d’utile. L’artisanat est désormais assimilé à un mode de vie spécifique en matière de design — une contre-révolution en réponse au caractère impersonnel de la fabrication de masse. Comme dans le cas du mouvement vers la personnalisation, nous avons de la bière artisanale, des finitions personnalisées ainsi que des meubles en édition limitée. Dans la vie contemporaine, le charme de l’artisanat a récupéré cette nostalgie envers un monde plus simple, de plus petite taille et ayant plus de sens, qui soit plus exclusif, moins encombré et moins anonyme. Et partant de là, il semblerait donc que la production de masse, l’avènement de l’ère de la machine et du numérique, le monde du technique et l’ascension du technicien soient à jamais aux antipodes de l’artisanat.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ou alors elle est erronée. Car l’artisanat est moderne, quelle que soit l’époque. Et la technologie lui a toujours servi d’outil. L’artisanat renvoie tout autant à l’ingéniosité qu’à la tradition. 

Les créateurs, les artisans et les innovateurs ont toujours appliqué à la fois leur intelligence et leur savoir-faire aux meilleures technologies ou aux meilleurs outils disponibles sur le moment, avec l’objectif d’améliorer les choses. Les anciennes « technologies » sont remplacées par de nouvelles, parfois avec une certaine résistance. Dans bien des cas, les techniques qui ont fait leurs preuves survivent et évoluent en parallèle d’autres savoir-faire au cours de plusieurs générations. Les tissus filés et tissés à la main coexistent avec des textiles issus de métiers à tisser du 19e siècle, avec des textiles provenant de métiers à tisser programmés plus complexes, avec de nouveaux matériaux développés et avec l’impression 3D. Donc, ce que nous considérons comme la « technologie » n’est en réalité que le dernier chapitre de notre imagination et de notre soif de découverte. Elle nous permet de réaliser des choses qui étaient impossibles auparavant, tout du moins dans notre esprit. 

Et dans ce sens, l’artisanat moderne ne désigne pas simplement de nouvelles interprétations d’anciennes façons de faire. À l’aide de machines et de techniques, l’artisanat établit un pont entre l’art et la science, en alliant continuellement créativité et praticité. L’artisanat représente l’avant-garde des possibilités en matière de création... l’évolution de la technologie permettant de concrétiser des visions toujours plus complexes de ce qui peut être conçu et fabriqué. C’est un continuum diversifié de la résolution des problèmes et de l’expression des hommes. Il ne s’agit pas d’une fracture entre le passé et le présent. 

Un grand nombre des produits que nous aimons le plus sont en réalité le résultat d’une combinaison de différentes générations de savoir-faire — la main, la machine et enfin l’esprit. Nous nous référons à l’ensemble de ces éléments comme ce qui a été réalisé par l’homme. Ils sont le fondement de notre inspiration créatrice. 

La culture de l’artisanat moderne est au cœur de notre vision et de notre travail. Nous redéfinissons le concept d’objet artisanal à l’aide d’approches innovantes et de technologies émergentes. C’est l’avenir que nous imaginons et auquel nous souhaitons parvenir — afin de créer les produits les plus plaisants, intuitifs et ingénieux, qui nous relient à un monde en constante évolution.

Bien que la culture soit en constante évolution, nous croyons à un ensemble de caractéristiques immuables qui sont présentes dans chaque exemple extraordinaire d’artisanat. Dans les pages qui suivent, nous définissons ces caractéristiques qui font partie intégrante de la culture de l’artisanat moderne. Nous les appliquons aux produits que nous fabriquons, et les retrouvons dans tous les objets artisanaux du passé, qui sont source d’inspiration et d’enseignement pour nous.

Beauté et matériau

Les ingrédients.

Céramiques imprimées en 3D

Femke Reijerman Design Academy Eindhoven

Les êtres humains sont directement connectés à la beauté. Nous appréhendons de manière intuitive les proportions élégantes qui permettent de créer l’équilibre ; la symétrie, présente ou intentionnellement absente ; le contour d’une forme, sa légèreté ou sa densité, ses angles ou ses courbes ; la saturation d’une couleur ou l’expression tactile d’une surface. Nous associons ces qualités dans le monde créé par l’homme à des formes simples et complexes dans la nature ; et bien que la beauté soit subjective, nous savons en la voyant qu’elle est bel et bien là. 

Toutes ces propriétés de perception constituent également des éléments du design. Et comme dans une recette, on peut les considérer comme des ingrédients. Dans l’artisanat, ils sont combinés, puis peaufinés afin d’offrir un produit attrayant, fonctionnel et mémorable.

Il est tout à fait naturel d’avoir envie d’interagir avec de belles choses et de se les approprier. Et l’intermédiaire qui renferme cette beauté sensorielle réside dans le matériau de l’objet concerné. L’artisanat a toujours relevé du domaine de la matérialité. Historiquement, il est lié aux matières élémentaires — attirant intrinsèquement le bois, le cuir, la pierre, la fibre, l’argile, le verre, le métal — qui offrent des caractéristiques avantageuses. Il s’agit là des matières découvertes et prisées au fil des générations en raison de leurs diverses possibilités d’adaptation, mêlant à la fois utilité et attrait.

À présent, les matériaux à notre disposition, ainsi que les possibilités de créer de nouvelles formes ou d’offrir de nouvelles propriétés à partir de ces matériaux, évoluent rapidement. Les polymères, les composites et les éléments tels que la fibre de carbone, ainsi que les matières organiques modelées par de nouvelles machines peuvent retransmettre la légèreté de la soie, la surface homogène d’un grand arbre, des rapports résistance/poids optimisés, une meilleure aptitude au moulage, une meilleure adaptabilité et une meilleure durabilité. Les nouveaux matériaux de l’artisanat ne possèdent peut-être pas les imperfections parfaites du monde naturel, mais ils peuvent être façonnés avec une complexité novatrice, encore et encore.

La beauté s’exprime par la manière unique dont chaque matériau est transformé en une forme.

Curiosité et connaissances

L’étincelle.

Noa Raviv : Designer

Ron Kedmi : Photographe

L’inspiration à l’origine d’un nouveau produit débute souvent par une série de questions. Quel est le besoin ? Comment pouvons-nous améliorer la performance, la valeur ou le confort dans cette catégorie d’objets familiers ? Quelle est cette nouvelle matière ou technique avec laquelle nous pouvons nous amuser ? Où ce processus créatif va-t-il nous mener ? Qui peut nous apporter un éclairage dans ce domaine ?

La curiosité provient d’un état d’esprit cherchant à ouvrir de nouvelles portes et à aboutir à des réponses différentes. Dans l’artisanat, la curiosité n’est pas satisfaite par la reproduction ; c’est l’antidote de la complaisance. Il s’agit du laboratoire dans lequel nous faisons le choix d’apprendre et d’expérimenter. Et à partir de ces recherches, nous acquérons des connaissances sur la manière de faire les choses et de créer de nouvelles méthodes afin de les améliorer. « Améliorer » signifie que nous pouvons améliorer la réalisation, le processus de fabrication ; cela peut aussi faire référence au produit en lui-même, avec une version optimisée ou avant-gardiste de ce qui a précédé.

Pourtant, la curiosité s’intéresse également grandement au fonctionnement des choses et à leur réalisation traditionnelle et éprouve même du respect à leur égard — quels outils et techniques ont le plus fait leurs preuves, lesquels valent le coup d’être réinventés ou enrichis par de nouveaux ? 

L’artisanat dépend des connaissances pour devenir plus qu’un produit générique. Par « connaissances », on désigne autre chose qu’une simple question ou sa réponse. Il ne s’agit pas non plus de données, ni uniquement d’une mesure, d’une méthode ou d’une formule. Les connaissances englobent l’expérience vécue de toutes les informations que nous collectons, dans laquelle le savoir peut émerger par essais et erreurs à mesure que nous approfondissons notre savoir-faire. La quête de connaissances représente la constante qui donne tout son sens à un produit déterminé, avec un sentiment de découverte perceptible.

La curiosité est à l’origine de la quête de connaissances qui permet à nos produits d’être mieux pensés et plus humains.

Innovation et technologie

Les outils.

Textiles Programmables :

Self-Assembly Lab, MIT Christophe Guberan, designer produits, Erik Demaine, laboratoire CSAIL du MIT Autodesk Inc.

Les outils déterminent la progression du savoir-faire. Et ce, parce que les outils accroissent les facultés manuelles et ouvrent la voie à de nouvelles capacités ; ils demeurent cependant toujours un véhicule pour ce que l’esprit et la main souhaitent réaliser. Quelle que soit époque, la raison d’être de presque tous les outils est l’innovation. 

L’innovation rend possible l’émergence de nouvelles idées, attitudes et capacités, à partir des compétences et besoins potentiellement déjà là. Nous inventons donc de meilleurs outils, en utilisant ou en faisant progresser les technologies du moment. La technologie est tout simplement la science appliquée de notre manière de créer.

Et plus les outils sont sophistiqués, plus le bouleversement créatif potentiel de l’objet est important. Plus l’objet est révolutionnaire, plus nous adaptons, faisons évoluer, et avec un peu de chance, nous réjouissons des défis susceptibles d’être relevés à l’étape d’après.

L’innovation en matière d’artisanat n’est pas toujours une question de complexité. Et, bien souvent, le développement technologique ne vise pas seulement l’amélioration, mais également la simplification. Les formes les plus pures et harmonieuses sont souvent les plus compliquées à créer ; les problèmes les plus complexes conduisent fréquemment aux solutions les plus simples et élégantes. Cette évolution ne concerne pas uniquement l’esthétique, elle porte avant tout sur le processus de fabrication.

L’artisanat débute naturellement par la visualisation : il s’agit de la traduction de l’esprit par le biais d’un ensemble d’outils. À mesure de l’émergence de nouvelles technologies, le papier et le stylo ainsi que le compas et le plan cèdent leur place au dessin assisté par ordinateur, puis au codage — ce qui permet de façonner des formes encore plus inhabituelles, de résoudre davantage de problèmes techniques en 3D et en 4D, d’ouvrir de nouveaux horizons à la personnalisation de masse, et aux nouveaux matériaux de devenir programmables et d’avoir une mémoire. Un bâtiment peut ainsi être doté de courbes, de sillons et de textures impossibles ; un siège peut être usiné avec un souci du détail extrême et constant ou suivant le choix spécifique d’un client.

Plutôt que de s’opposer à l’artisanat, la technologie crée des alliances. Par le biais de leur collaboration, le programmeur et l’équipe scientifique ainsi que le designer étendent la signification du métier d’artisan : l’adaptation de machines sophistiquées afin de concrétiser une vision créative plus humaine.

L’innovation est la raison pour laquelle nous nous équipons de nouvelles technologies — afin de rester pertinents, d’explorer de nouvelles possibilités et de trouver l’inspiration.

Maîtrise et héritage

Les pionniers

Maybelle Imasa-Stukuls : Artiste et calligraphe

Ingrid Fetell Lee : Photographe

Apprendre les règles afin d’être en mesure de les enfreindre. Cette maxime souligne le rôle de la pratique et de l’apprentissage, à savoir du perfectionnement continu de ses compétences en vue de maîtriser un savoir-faire. L’humain est déterminant dans l’histoire de l’évolution de l’artisanat vers la culture — à mesure qu’il acquiert une telle maîtrise de son art qu’il peut s’affranchir des règles et inventer quelque chose de nouveau, en transcendant la forme et l’imitation.

L’alliance de la culture et de l’artisanat apparaît clairement dans un produit maîtrisé. Nous sommes attirés par la qualité intangible du talent qui alimente l’interprétation extraordinaire ; et tout comme la beauté, nous savons que nous sommes en présence d’un produit maîtrisé lorsque nous y sommes confrontés. Il n’est, en effet, jamais démodé.

La maîtrise se base sur une dualité du temps : le temps nécessaire à l’acquisition de l’expertise, et un temps plus long au cours duquel un niveau de maîtrise devient la norme. Le temps renvoie à l’existence d’un héritage dans le savoir-faire, en nous reliant à des traditions antérieures et en situant, en fin de compte, certaines choses hors du temps. Ce que nous considérons aujourd’hui comme un héritage ou un patrimoine trouve son origine dans le travail de non-conformistes et de visionnaires ayant établi un nouveau niveau de concepts ou d’innovation technique à partir des méthodes qu’ils avaient apprises. Ces personnes ont créé de nouveaux liens entre les cultures, les moyens d’expression et les matériaux, et ont enseigné à leur entourage comment réinventer les possibilités.

Des musiciens aux potiers, des chefs cuisiniers aux joailliers, des vignerons aux danseurs et aux menuisiers, une telle virtuosité élève l’humanité en enrichissant d’anciennes compétences afin d’exprimer un avenir différent. Leur technique remarquable est l’authentique traduction de la technologie — l’instrument — qu’ils utilisent. Le nouvel héritage dans les domaines de l’informatique et de l’ingénierie pourrait pourtant durer aussi longtemps et générer, à sa façon, un talent artistique tout aussi remarquable.

La maîtrise et l’héritage perdurent dans la culture de l’artisanat afin de nous montrer le chemin parcouru, de sorte que nous sachions quelle direction prendre.

Les caractéristiques de l’artisanat

Ces quatre caractéristiques se combinent, évoluent et guident constamment nos possibilités de création dans la culture de l’artisanat moderne.

Étude de cas

Motif à imprimer

L’un des éternels défis de l’artisanat réside dans la manière d’appliquer un motif linéaire sur une forme curviligne en trois dimensions. C’est particulièrement vrai dans l’industrie textile, où il s’agit d’une manipulation omniprésente au cœur de la couture, de la confection de vêtements et de la fabrication de revêtements.

Jusqu’à présent, seul un artisan expert était en mesure de venir à bout du décalage naturel existant entre un coupon de tissu plat et un meuble en 3 dimensions, puisqu’il possède une profonde maîtrise de la manière de découper, de draper et de coudre un motif parmi des plans et des coutures qui s’entrecroisent. En outre, plus la forme concernée est complexe, plus la chute le sera également étant donné la découpe requise dans le motif pour trouver exactement les jonctions appropriées en vue de l’assemblage.

Par conséquent, fabriquer un meuble parfait requiert beaucoup de compétences humaines, de temps et de matériau. En fin de compte, ce type de travail augmente les coûts, limite le nombre d’exemplaires et diminue la rentabilité des matériaux précieux. Il faut souvent jusqu’à deux fois et demie ou plus de métrage de tissu que la quantité nécessaire à un meuble pour faire coïncider parfaitement un motif entre différentes coutures.

Cela entraine bien souvent une qualité esthétique inférieure. C’est le cas de certains revêtements dans lesquels un motif n’est pas aligné, ce qui produit un effet visuel peu esthétique. D’autre part, la créativité peut être entravée, car des tissus unis ou des motifs plus simples sont privilégiés afin de garantir le succès du produit.

« Nous pouvons prendre un tissu et disposer son motif de telle sorte qu’il apparaisse au premier abord inapproprié, mais soit finalement juste une fois découpé et mis en place sur le meuble. »

Cette tension croissante entre une technique de fabrication ancestrale et la possibilité de trouver de nouvelles façons d’inventer un tissu permettant de revêtir même les meubles les plus complexes d’un motif continu, a éveillé la curiosité du Coalesse Design Group.

La méthode et le matériau ne pouvaient pas être modifiés ; il fallait donc que le changement vienne d’ailleurs.

« Nous jonglons souvent avec des concepts reposant sur notre héritage et la valeur irremplaçable de certains savoir-faire, mais qui utilisent ensuite la technologie pour maintenir ces choses en vie », explique John Hamilton, directeur Global Design au sein de Coalesse. « Pour les revêtements, nous savions qu’il nous faudrait toujours appliquer le même souci du détail et travail manuel afin d’obtenir un beau meuble. Mais si nous pouvions ajouter la technologie dans la phase de développement du tissu, en étant capables d’imprimer de façon personnalisée différents textiles adaptés à une certaine forme, nous serions peut-être en mesure de concevoir des motifs graphiques permettant une découpe et un revêtement d’une extrême précision. Cela ouvrirait la voie à de toutes nouvelles possibilités. »

Le prototype de motif à imprimer qui en résulte est une méthode de conception pluridimensionnelle, en attente d’être brevetée, qui tient simultanément compte de deux niveaux de motifs : celui présent sur le tissu lui-même et le motif découpé destiné au revêtement du meuble. À l’aide d’outils informatiques de pointe et de la capacité d’impression personnalisée sur textiles de Designtex, le Coalesse Design Group a mis au point sa propre méthode d’impression. Cette dernière permet de configurer n’importe quel tissu à motifs de telle sorte que la découpe des coupons soit parfaitement adaptée au meuble. Cette méthode permet de garantir un alignement parfait au niveau de chaque transition, de sorte que le motif enveloppant la forme soit continu.

« En réalité, ce que nous faisons est de l’ingénierie inversée puisque nous commençons par concevoir un motif inapproprié. Nous le séparons en plusieurs morceaux, puis réunissons les divers éléments de telle façon que le motif sur le meuble soit finalement juste », plaisante John Hamilton, en expliquant à quel point un motif apparaît élaboré et méconnaissable sur le tissu prédécoupé. Mais de cette manière, les différents coupons peuvent être imbriqués les uns aux autres avec efficacité, ce qui réduit considérablement les chutes et les coûts, tout en augmentant la productivité et la créativité.

Avec le prototype de motif à imprimer, bientôt n’importe quel motif pourra être associé à n’importe quel meuble, ce qui offrira une bien plus grande liberté d’expression. La force de l’innovation permettra ainsi à un plus large public de bénéficier des avantages du revêtement haut de gamme.

Technique de revêtement à l’ancienne

Alignement inapproprié du motif

Prototype de motif à imprimer

Motif continu

  • Les ingrédients 

    Beauté et matériau 
  • L’étincelle 

    Curiosité et connaissances 
  • Les outils 

    Innovation et technologie 
  • Les pionniers 

    Maîtrise et héritage 

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